Quels sont les outils utilisés en traduction?

Dans l’imaginaire collectif, le traducteur ou la traductrice a inévitablement le nez plongé dans ses dictionnaires et ses grammaires. C’est en partie vrai – il s’agit d’outils essentiels que nous consultons souvent –, mais il en existe bien d’autres, que nous vous présentons ici.

Banques de terminologie

Les banques de terminologie sont l’un des premiers outils qu’on apprend à utiliser en traduction. Ce sont des bases de données répertoriant des fiches terminologiques. Une fiche terminologique consigne un terme source, son équivalent dans différentes langues, le domaine associé et parfois une définition ou un contexte précis. Les banques de terminologie sont des mines d’or d’information, mais il faut savoir auxquelles recourir et comment bien en tirer profit.

Fiche terminologique tirée de Termium Plus

Il y a d’abord les banques de terminologie publiques. On parle ici de bases de données interrogeables et accessibles au grand public, comme Termium Plus, le Grand Dictionnaire terminologique, OnTerm et FranceTerme, qui sont mises en ligne par des organismes gouvernementaux. Autre exemple, l’Organisation des Nations Unies publie UNTerm, une base très pratique pour les textes qui traitent de sujets connexes aux activités de l’ONU et de ses différentes institutions.

Une fois que nous avons choisi une banque de terminologie selon la nature du document et la variété linguistique locale du lectorat cible, il faut bien vérifier que le domaine et la définition ou le contexte inscrits dans la fiche correspondent bien à ceux du terme d’origine.

En complément aux bases terminologiques publiques, nous nous sommes en outre munis d’une banque de terminologie à l’interne, intégrée à notre principal outil de gestion des traductions, memoQ, qui nous permet de consigner nos recherches terminologiques et les préférences de nos clients. Cela nous évite de répéter nos efforts à chaque nouvelle traduction. Il arrive aussi parfois qu’on nous fournisse un glossaire, soit une liste de termes à utiliser en anglais et en français, qui présente généralement les préférences et des éléments propres à chaque client. Dans ce cas, c’est la première ressource que nous consultons et, lorsque c’est pertinent, nous pouvons l’ajouter à notre banque de terminologie interne.

Mémoires de traduction et bitextes

Les mémoires de traduction nous permettent de consigner, pour un client donné, les traductions que nous avons effectuées. À la traduction d’un nouveau document, nous pouvons ainsi retrouver un segment (ou une phrase) semblable que nous avons déjà traduit, ce qui facilite le maintien de l’uniformité entre différents textes au besoin.

Il est aussi possible d’intégrer des bitextes aux mémoires de traduction. Un bitexte est simplement l’alignement d’un même texte dans deux langues, par exemple la version française et la version anglaise. Un logiciel divise chacun des textes en segments selon la ponctuation et les signes typographiques utilisés. Une fois les segments obtenus, le logiciel tente d’aligner, ou d’apparier, chaque segment du texte d’origine avec le segment correspondant dans le texte d’arrivée. Il faut ensuite vérifier manuellement que l’alignement est bon, et parfois y apporter quelques modifications, par exemple si le logiciel n’a pas su détecter un signe typographique ou si une phrase a été séparée en deux à la traduction.

Traduction automatique

De plus en plus, la traduction automatique est adoptée pour accélérer et faciliter notre travail. Ces outils nous permettent d’intégrer des mémoires de traduction interne et parfois, des répertoires externes, comme ceux de DeepL pour prétraduire un document. La machine produit alors une traduction en comparant les bouts de phrase dans le texte à traduire aux textes de sa base de données et en appliquant les traductions qui en ressortent. La traduction ainsi générée doit faire l’objet d’une vérification attentive, ce qu’on appelle la postédition, puisque des erreurs peuvent aisément s’y glisser.

Il y a probablement des domaines dans lesquels la traduction automatique simplifie la tâche aux traductrices et traducteurs, mais à L’Alouette, nous travaillons surtout dans des disciplines hautement spécialisées, comme le droit, les sciences de la vie et les sciences naturelles, et nous trouvons pour l’instant que la traduction machine induit trop souvent des problèmes dans nos textes. C’est pourquoi nous ne l’avons toujours pas adoptée. Nous surveillons toutefois les avancées dans ce domaine et restons à l’affût de nouvelles manières dont ce puissant outil pourrait nous aider.

Autres publications sur le sujet dans la langue d’arrivée

Nous utilisons aussi beaucoup les sites internet publiés par des organisations de confiance dans le domaine de spécialité du texte et dans la langue d’arrivée. Ainsi, en traduction médicale, nous nous fions beaucoup aux sites de différents centres hospitaliers universitaires, qui peuvent être établis ici ou ailleurs dans la francophonie, aux sites d’organismes de défense des droits des patients pour une maladie donnée, par exemple Diabète Québec, et aux publications en français dans des revues scientifiques reconnues. Dans le domaine juridique, nous utilisons le site Web du CAIJ et les textes de loi eux-mêmes, lorsqu’ils ont été traduits ou rédigés dans les deux langues.

Outils spécialisés

Selon le domaine dans lequel nous travaillons, nous utilisons aussi parfois des ouvrages spécialisés, par exemple, le Dictionnaire des difficultés du français médical ou le lexique du Centre de traduction et de documentations juridiques de l’Université d’Ottawa. Il existe par ailleurs des banques de terminologie spécialisées, comme JuriTerm, une initiative du Centre de traduction et de terminologie juridiques de l’Université de Moncton, et HeTOP (Health Terminology/Ontology Portal), une banque de terminologie médicale développée en France. Il nous arrive aussi de simplement consulter des outils de référence dans le domaine, comme la version française du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V) pour un texte sur les troubles de santé mentale.

Nous espérons que ce billet vous a permis de mieux comprendre toute la gamme d’outils auxquels les professionnel·les de la langue ont recours au quotidien. Bien entendu, les ressources traditionnelles, comme les dictionnaires et les grammaires, demeurent essentielles pour nous, mais elles ne représentent qu’une infime partie des ressources utilisées pour rendre un texte de qualité et idiomatique.

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