Plonger dans le bain et le travail : baignade nordique et rédaction
- Annie Banville
- Rédaction, Méthodologie
Le travail de traduction, qui aujourd’hui passe surtout par l’informatique, exige de longues heures devant l’écran. Ces conditions sont d’ailleurs communes à toutes les personnes qui occupent des emplois de bureau. La torpeur nous guette toujours, et on connaît les effets néfastes de la sédentarité sur la santé physique et psychologique. La réalisation de tâches redondantes ou monotones — un incontournable, semblerait-il, de toute activité professionnelle — devient un réel défi quand le corps stagne et entraîne l’esprit dans une léthargie qui peut miner la motivation. Me retrouvant dans cette situation inconfortable, au sens propre comme figuré, je me suis mise en quête d’une activité que je pourrais pratiquer toute l’année, et je suis tombée sur… la baignade. Oui, oui, dehors et dans l’eau froide.
Avant d’aborder directement ce sujet, je vous présente les six méthodes, de la plus conventionnelle à la plus loufoque, que j’ai adoptées dans mon quotidien professionnel pour chasser l’ennui et rester motivée lorsque je dois m’atteler à des tâches peu attrayantes, que je peux ainsi réaliser dans la bonne humeur et avec efficacité avant de passer aux tâches qui donnent vraiment du sens à mon travail.
Photo : Gala Iv
1. Planifier les tâches à accomplir et la récompense finale
Planifier clairement le temps à vouer à une tâche peut permettre d’éviter la procrastination, mais gare au piège de surplanifier son travail, ce qui s’avère parfois plus chronophage que la tâche elle-même! Prévoir une récompense « d’après-tâche » peut également être source de motivation : se projeter dans une activité plaisante à la fin de notre période de travail comme récompense personnelle peut faire toute la différence. J’aime particulièrement prendre quinze minutes pour boire un café au soleil, faire un tour de pâté de maisons pour m’aérer l’esprit ou lire un chapitre de mon roman du moment pour me féliciter d’avoir tenu un engagement envers moi-même.
2. Écrire un premier jet sans peaufiner
Beaucoup (dont moi-même) sont des perfectionnistes, ce qui complique parfois les choses quand vient le temps d’accomplir des tâches ennuyeuses qui amènent un faible sentiment d’accomplissement. Embrasser la simplicité peut être un moyen d’aller de l’avant; l’approche brouillonne, expéditive et superficielle peut aider à démarrer une tache pour obtenir rapidement une ébauche à peaufiner et lutter contre le syndrome de la page blanche. Une fois le premier jet réalisé ou le formulaire monotone rempli, on prendra le temps de le travailler ou de le réviser avec une attention renouvelée.
3. Relire à partir de la fin
Réviser un texte monotone, traduire sur un sujet qui ne nous intéresse pas, remplir un formulaire ou des étapes de rapport… commencer par la fin, ou même par le milieu, après avoir effectué un premier jet d’un texte ou à l’étape de la révision peut aider notre cerveau à lutter contre la monotonie. Cette méthode de relecture inversée peut aider à rattraper les oublis ou les erreurs d’inattention.
4. Changer d’environnement
Disons-le franchement, « changer d’air » peut être source de stimulation et remonter le moral. Pour les gens qui travaillent de la maison, se poser dans le café de quartier ou à la bibliothèque de l’arrondissement peut amener à vouloir « rentabiliser » le déplacement, et abattre efficacement les quelques tâches monotones qu’on aura planifiées. Ma bibliothèque locale permet la libre utilisation de tables et de bureaux de travail dans un environnement propice à la concentration. Le café du coin offre une ambiance détendue où on peut travailler debout devant une table haute, ce qui est très agréable lorsqu’on veut changer de posture.
5. Laisser son chargeur à la maison
Quand je change de lieu de travail, pour me donner une contrainte supplémentaire et couper toute possibilité de procrastiner, je laisse mon chargeur d’ordinateur à la maison. Bien sûr, cette méthode fonctionne si l’ordinateur est chargé à bloc au départ et que l’on connaît la durée approximative de la charge. Voir le pourcentage de chargement se réduire inéluctablement coupe toute envie de perdre son temps et nous force à accomplir les tâches prévues.
6. Plonger, littéralement, dans l’inconfort pour relativiser le malaise qu’amène l’ennui
C’est maintenant que je reviens à mon histoire de bain givré. Il s’agit de mon truc préféré du moment pour me donner un bon coup de fouet. Se baigner dehors, surtout à l’automne, à l’hiver et au printemps lorsque l’eau est froide, stimule la production d’hormones : le choc thermique amène le corps à réagir en en libérant tout un cocktail. Les heures suivant un bain froid ou glacé peuvent, pour beaucoup d’adeptes de cette activité, être particulièrement propices à la concentration, la motivation, etc., puisqu’une euphorie particulière chasse tout sentiment d’ennui, de monotonie et les pensées grises.
J’ai découvert cette activité pour le moins dynamique cette année, et les résultats sur mon bien-être global, et en particulier sur ma capacité de concentration, sont notables, bien qu’il s’agisse d’un cas personnel et non d’une affirmation scientifique. Plus accessible que la baignade nordique, une simple douche froide peut prodiguer des effets semblables.
Quand le manque de motivation frappe, il devient difficile de conserver son erre d’aller, et planifier ses tâches ou changer momentanément de lieu de travail peut alors suffire. S’il vous faut adopter des mesures plus radicales, la douche ou le bain froid sont des activités qui peuvent avoir des effets bénéfiques sur le corps et l’esprit.
Vous aimeriez recevoir chaque billet de blogue par courriel dès sa publication? Inscrivez-vous à notre infolettre en remplissant le formulaire en pied de page.